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Comprendre le Salaire (Brut vs Net)

La négociation salariale est souvent le moment le plus délicat d’un recrutement. Au Maroc, on négocie généralement en net mensuel, mais le contrat indique le brut. Cette confusion peut coûter cher si vous ne maîtrisez pas les mécanismes de calcul.

Brut vs Net : comprendre la différence

Le salaire brut est le montant total avant déductions, celui qui figure sur votre contrat.

Le salaire net est ce qui arrive réellement sur votre compte bancaire après prélèvements.

La différence représente entre 15% et 30% selon votre niveau de rémunération.

Les trois prélèvements principaux

1. La CNSS (4,48% plafonné)

Cotisation maximale : 268,80 DH/mois (plafond à 6 000 DH brut). Ouvre droit aux prestations sociales et allocations de perte d’emploi.

2. L’AMO (2,26% plafonné)

Cotisation maximale : 135,60 DH/mois. Assure votre couverture santé de base.

3. L’IR (progressif)

Barème 2025 :

  • 0 à 2 500 DH/mois : Exonéré
  • 2 501 à 4 167 DH/mois : 10%
  • 4 168 à 5 000 DH/mois : 20%
  • 5 001 à 6 667 DH/mois : 30%
  • 6 668 à 15 000 DH/mois : 34%
  • Au-delà de 15 000 DH/mois : 38%

L’impôt est calculé par tranches progressives, avec déductions pour frais professionnels (20% du brut) et charges familiales.

Exemples concrets

Salaire de 5 000 DH brut

  • CNSS + AMO : 337 DH
  • IR : ~150 DH
  • Net : 4 513 DH

Salaire de 10 000 DH brut

  • CNSS + AMO : 404 DH (plafonnées)
  • IR : ~1 287 DH
  • Net : 8 309 DH

Salaire de 15 000 DH brut

  • CNSS + AMO : 404 DH
  • IR : ~2 850 DH
  • Net : 11 746 DH

Utilisez les simulateurs

Ne calculez jamais à la main ! Utilisez :

  • Le simulateur officiel de la DGI sur tax.gov.ma
  • Les calculateurs RH spécialisés (vérifiez qu’ils soient à jour 2025)

Les 6 règles d’or de la négociation

1. Faites vos recherches

Consultez les enquêtes salariales (Michael Page, Hays), LinkedIn, et les groupes Facebook emploi. Connaissez les standards de votre secteur.

2. Définissez votre fourchette

  • Minimum acceptable (vos charges réelles)
  • Objectif réaliste (valeur marché)
  • Ambition haute (marge de négociation)

3. Laissez parler le recruteur en premier

Demandez : “Quelle est la fourchette prévue pour ce poste ?”

Si on insiste, donnez votre fourchette en précisant bien : “En net mensuel, je vise entre X et Y DH.”

4. Négociez le package global

Ne regardez pas que le salaire de base :

  • Primes : 13ème mois, performance, fin d’année
  • Avantages : mutuelle, tickets resto, transport
  • Flexibilité : télétravail, congés supplémentaires
  • Évolution : revue salariale annuelle, formation

Un package à 9 000 DH avec 13ème mois et mutuelle familiale vaut plus que 10 000 DH sec.

5. Justifiez par la valeur

Argumentez en termes de compétences, pas de besoins :

  • Projets gérés et budgets maîtrisés
  • Langues et certifications rares
  • Réseau professionnel activable
  • Expertise technique recherchée

6. Restez professionnel

Si l’offre déçoit, répondez avec tact : “Merci pour cette proposition. Compte tenu du marché, j’espérais X DH. Y a-t-il une possibilité d’ajustement ?”

Les erreurs fatales

❌ Mentir sur son salaire actuel (vérifiable via bulletins)
❌ Accepter sans offre écrite détaillée
❌ Confondre brut et net à la signature du contrat
❌ Oublier de vérifier la clause de préavis
❌ Négliger les avantages sociaux dans le calcul

Spécificités sectorielles

IT/Digital : Salaires élevés + équipements premium + remote possible
Finance/Banque : Bonnes rémunérations + primes substantielles
Industrie : Salaires corrects + excellents avantages sociaux
Offshoring : Entrée modeste (4-6K) mais évolution rapide possible

Anticiper les augmentations

Demandez dès le départ : “Quelle est votre politique de revues salariales ?”

Les bonnes entreprises ont des processus formalisés. Une augmentation normale se situe entre 5% et 10% par an au Maroc.

Vérifiez votre bulletin de paie

Chaque mois, contrôlez :

  • Le salaire de base correspond au contrat
  • Les primes sont bien comptabilisées
  • Les déductions (CNSS, AMO, IR) sont justes
  • Les congés payés sont provisionnés

Toute erreur doit être signalée immédiatement au service paie.

Top des cabinets de recrutement 2025

Les cabinets de recrutement sont devenus des acteurs incontournables du marché de l’emploi marocain. Que vous soyez jeune diplômé ou cadre expérimenté, passer par ces intermédiaires peut accélérer considérablement votre recherche. Mais tous ne se valent pas, et chacun a sa spécialité. Voici le guide complet des cabinets qui comptent vraiment en 2025.

Pourquoi passer par un cabinet de recrutement ?

L’accès au marché caché : Entre 60% et 70% des postes ne sont jamais publiés sur les sites d’emploi classiques. Les entreprises confient directement leurs recherches aux cabinets, notamment pour les postes sensibles ou stratégiques. Être dans leur base de données, c’est accéder à ces opportunités invisibles.

Un accompagnement personnalisé : Les bons consultants en recrutement prennent le temps de comprendre votre profil, vos ambitions et vos contraintes. Ils peuvent vous coacher pour les entretiens, améliorer votre CV et même négocier votre salaire.

La crédibilité du filtre : Quand un cabinet présente votre candidature, vous bénéficiez d’une forme de validation professionnelle. L’entreprise sait que votre profil a été présélectionné par des experts du recrutement.

Le gain de temps : Plutôt que de postuler à l’aveugle sur des dizaines d’annonces, vous êtes mis en relation avec des entreprises qui correspondent vraiment à votre profil.

Les cabinets premium : Top Management & Cadres

1. Michael Page / PageGroup

Positionnement : Leader mondial du recrutement spécialisé, Michael Page domine le segment des cadres et cadres supérieurs au Maroc.

Secteurs couverts : Finance et comptabilité, banque, juridique, ingénierie, supply chain, commercial, ressources humaines, IT.

Profils recherchés : Bac+5 minimum, généralement avec 3 à 15 ans d’expérience. Salaires à partir de 15 000 DH brut mensuel.

Points forts : Processus très professionnel, consultants spécialisés par secteur, accompagnement de qualité, nombreux clients prestigieux (multinationales, grands groupes marocains).

Comment les approcher : Créez un profil sur leur site, postulez aux offres ciblées, et surtout sollicitez un rendez-vous avec un consultant de votre secteur. Ils organisent régulièrement des entretiens de networking même sans poste précis.

Site : michaelpage.ma

2. LHH Recruitment Solutions (ex-Badenoch + Clark)

Positionnement : Spécialiste du recrutement de cadres et dirigeants, filiale du groupe Adecco, LHH cible les profils à forte valeur ajoutée.

Secteurs couverts : Industrie, énergie, banque et finance, conseil, transformation digitale, direction générale.

Profils recherchés : Cadres confirmés, managers, directeurs. Forte expertise dans le management de transition et l’executive search.

Points forts : Approche très haut de gamme, consultants seniors avec une excellente connaissance du marché marocain, accompagnement stratégique des carrières.

Comment les approcher : Leur site permet de déposer une candidature spontanée. Privilégiez LinkedIn pour entrer en contact direct avec leurs consultants. Ils apprécient les profils qui ont une vision claire de leur projet professionnel.

Site : lhh.com (section Maroc)

Les plateformes hybrides : Portail + Chasse de têtes

3. Rekrute

Positionnement : Rekrute est à la fois le plus grand portail d’emploi marocain et un cabinet de chasse de têtes intégré. Cette double casquette en fait un acteur unique.

Secteurs couverts : Tous secteurs, du junior au senior, du technicien au directeur.

Profils recherchés : Extrêmement large. Rekrute gère aussi bien les recrutements de masse (centres d’appels, retail) que les profils pointus (IT, ingénierie).

Points forts : Base de données immense, technologie de matching performante, présence dans tout le Maroc, service de chasse de têtes pour les postes stratégiques.

Comment les approcher : Créez un profil complet et actualisez-le régulièrement. Activez les alertes. Postulez massivement mais intelligemment. Pour les postes haut de gamme, leur service “Rekrute Executive” propose un accompagnement premium.

Site : rekrute.com

Les géants de l’intérim et du recrutement opérationnel

4. Manpower Maroc

Positionnement : Leader mondial de l’intérim, Manpower est très fort sur les profils techniques, industriels et tertiaires.

Secteurs couverts : Industrie automobile et aéronautique, logistique, BTP, banque et assurance, commercial.

Profils recherchés : Du technicien à l’ingénieur, en intérim ou CDI. Beaucoup de missions de moyenne durée qui peuvent déboucher sur des embauches.

Points forts : Réseau d’agences dans toutes les grandes villes, réactivité, volume important d’offres, possibilité de missions flexibles pour tester plusieurs secteurs.

Comment les approcher : Inscrivez-vous dans l’agence la plus proche de chez vous avec CV et diplômes. Ils privilégient le contact humain. Relancez régulièrement pour rester dans leur radar.

Site : manpower.ma

5. Adecco Maroc

Positionnement : Numéro un mondial du travail temporaire et du recrutement, Adecco couvre une gamme très large de métiers et de niveaux.

Secteurs couverts : Industrie, tertiaire, IT, finance, ingénierie, commercial, logistique.

Profils recherchés : Tous niveaux, de l’opérateur au cadre supérieur. Fort sur les contrats de transition et les CDD.

Points forts : Marque reconnue, processus structuré, formations proposées aux intérimaires, excellent tremplin pour accéder à de grandes entreprises.

Comment les approcher : Déposez votre CV en ligne, mais surtout présentez-vous physiquement en agence. Leur force, c’est la proximité et la réactivité.

Site : adecco.ma

6. Crit Maroc

Positionnement : Acteur français implanté au Maroc depuis les années 2000, Crit est particulièrement fort dans l’intérim industriel et technique.

Secteurs couverts : Automobile, aéronautique, BTP, logistique, industrie pharmaceutique.

Profils recherchés : Techniciens, opérateurs qualifiés, agents de maîtrise, ingénieurs de production.

Points forts : Spécialisation technique, connaissance pointue des métiers industriels, relations solides avec les grands donneurs d’ordres (Renault, PSA, Safran).

Comment les approcher : CV en main dans leurs agences ou candidature en ligne. Ils apprécient les profils techniques avec des certifications ou habilitations (CACES, soudure, contrôle qualité).

Site : crit-maroc.com

7. Tectra

Positionnement : Cabinet marocain historique, Tectra est le leader national de l’intérim et du recrutement, avec une couverture géographique exceptionnelle.

Secteurs couverts : Tous secteurs, avec une expertise particulière dans l’industrie, la grande distribution, les télécoms et le BTP.

Profils recherchés : Large spectre, du manœuvre au cadre. Tectra gère aussi bien les recrutements de masse que les profils rares.

Points forts : Connaissance intime du marché marocain, agences partout au Royaume, réactivité, prix compétitifs pour les entreprises (donc volume d’offres élevé).

Comment les approcher : Multipliez les points de contact : agence physique, site web, LinkedIn. Tectra fonctionne beaucoup au bouche-à-oreille, donc activez votre réseau.

Site : tectra.ma

Le spécialiste du digital

8. Jwaya (by Rekrute)

Positionnement : Branche spécialisée de Rekrute dédiée exclusivement aux métiers du digital, du web et de la tech.

Secteurs couverts : Développement web et mobile, data science, cybersécurité, marketing digital, e-commerce, UX/UI design.

Profils recherchés : Développeurs (tous langages), data analysts, chefs de projet digital, growth hackers, spécialistes SEO/SEA.

Points forts : Expertise pointue sur l’écosystème tech marocain, process de recrutement rapide et adapté aux profils digitaux, salaires attractifs.

Comment les approcher : Profil LinkedIn à jour avec votre stack technique, portfolio ou GitHub visible, projets personnels valorisés. Jwaya recrute aussi beaucoup via les communautés tech (meetups, hackathons).

Site : jwaya.ma

Les Big Four : Au-delà du conseil

9. Deloitte, PwC, EY, KPMG

Positionnement : Les quatre grands cabinets d’audit et de conseil sont aussi des recruteurs massifs au Maroc, notamment pour les profils finance, audit, fiscalité, conseil en stratégie.

Secteurs couverts : Audit financier, conseil en management, fiscalité, juridique, risk management, transformation digitale.

Profils recherchés : Diplômés de grandes écoles de commerce (ISCAE, HEM, ENCG) ou d’ingénieurs, souvent avec une spécialisation en finance ou gestion. Excellente maîtrise du français et de l’anglais indispensable.

Points forts : Formation de classe mondiale, perspectives d’évolution internationale, marque ultra-prestigieuse sur le CV, rémunérations compétitives.

Comment les approcher : Campagnes de recrutement annuelles ciblant les jeunes diplômés (Graduate Programs). Candidatures spontanées possibles mais les processus sont très sélectifs (tests, assessment centers, multiples entretiens).

Sites : deloitte.com, pwc.com, ey.com, kpmg.com

Stratégie gagnante : comment maximiser vos chances

Multipliez les inscriptions : Ne vous limitez pas à un seul cabinet. Inscrivez-vous dans tous ceux qui correspondent à votre profil et à votre secteur. Certaines entreprises travaillent en exclusivité avec un cabinet spécifique.

Soignez votre profil LinkedIn : Les chasseurs de têtes passent leur temps sur LinkedIn. Un profil complet, à jour, avec photo professionnelle et résumé accrocheur vous rendra visible. Ajoutez les recruteurs de votre secteur en contact.

Restez actif et réactif : Quand un cabinet vous appelle, décrochez. Quand il vous envoie un mail, répondez dans les 24h. La réactivité est un critère de sélection en soi.

Préparez votre pitch : Les consultants vous demanderont systématiquement de vous présenter en quelques minutes. Ayez un discours clair sur votre parcours, vos compétences clés et vos aspirations professionnelles.

Soyez transparent sur vos prétentions salariales : Les cabinets ont besoin de cette information pour vous matcher avec les bonnes opportunités. Donnez une fourchette réaliste basée sur votre marché.

Construisez une relation sur la durée : Même si vous n’êtes pas retenu pour un poste, gardez le contact avec vos consultants. Envoyez-leur des nouvelles tous les 3-4 mois. Quand une opportunité se présentera, ils penseront à vous.

Les pièges à éviter

Les faux cabinets : Méfiez-vous des “cabinets” qui vous demandent de payer pour vous inscrire ou pour accéder à leurs offres. Les vrais cabinets sont payés par les entreprises, jamais par les candidats.

Les promesses irréalistes : Si un consultant vous promet “un CDI à 20 000 DH en une semaine”, fuyez. Le recrutement prend du temps, et les bons cabinets sont honnêtes sur le marché.

La sur-sollicitation : Certains cabinets moins scrupuleux envoient votre CV à des dizaines d’entreprises sans vous prévenir. Exigez de savoir à qui votre profil est présenté.

Les cabinets de recrutement sont vos alliés dans la recherche d’emploi, à condition de les choisir avec discernement et de jouer le jeu de la transparence. Utilisez-les intelligemment, et ils deviendront un accélérateur puissant de votre carrière.

Le guide du contrat ANAPEC

Le contrat ANAPEC (Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences) est devenu un passage presque obligé pour des milliers de jeunes diplômés marocains. Ce dispositif gouvernemental vise à faciliter l’insertion professionnelle en réduisant les charges patronales. Mais derrière cette opportunité se cachent des subtilités qu’il faut absolument maîtriser avant de signer.

Qu’est-ce que le contrat ANAPEC exactement ?

Le contrat ANAPEC est un dispositif d’aide à l’insertion professionnelle qui permet aux entreprises de recruter des jeunes diplômés avec un allègement significatif des charges sociales. L’État prend en charge une partie du coût salarial pendant une période déterminée.

Il existe plusieurs programmes sous l’égide de l’ANAPEC, mais le plus connu est le programme TAHIL (anciennement IDMAJ), qui cible les primo-demandeurs d’emploi diplômés de l’enseignement supérieur ou de la formation professionnelle.

Durée : Le contrat peut durer jusqu’à 24 mois maximum. Certaines variantes proposent 12 ou 18 mois selon le profil et le secteur.

Public ciblé : Jeunes diplômés cherchant leur premier emploi, généralement âgés de moins de 30 ans (ce seuil peut varier selon les programmes).

Les avantages pour vous, candidat

Une porte d’entrée dans de grandes structures : De nombreuses entreprises prestigieuses (multinationales, grands groupes marocains, PME en croissance) utilisent massivement ce dispositif. Sans l’ANAPEC, beaucoup n’ouvriraient pas de postes pour débutants.

Vous accédez ainsi à des environnements professionnels de qualité, avec des formations internes, des process structurés et une vraie montée en compétences. C’est une chance d’enrichir votre CV avec des noms reconnus.

Une expérience concrète et valorisable : Deux ans dans une entreprise solide, c’est suffisant pour acquérir une vraie expertise opérationnelle. Vous sortez du statut de “junior sans expérience” pour devenir un profil employable sur le marché classique.

Un tremplin vers le CDI : Bien que ce ne soit pas automatique, de nombreuses entreprises transforment les contrats ANAPEC en CDI si le collaborateur a fait ses preuves. C’est même devenu une voie de recrutement stratégique pour certaines structures.

Un salaire net attractif : Le salaire que vous percevez est souvent égal ou très proche du brut annoncé, car les charges sociales sont minimes ou inexistantes pour vous. Exemple : si on vous annonce 5000 DH, vous toucherez réellement 5000 DH en poche.

Les pièges et vigilances à avoir

Tout n’est pas rose dans le système ANAPEC. Voici les points d’attention majeurs avant de vous engager.

Le salaire net = brut (mais peu de charges signifie peu de droits) : Vous payez très peu de charges sociales, ce qui gonfle votre net mensuel. Mais cela signifie aussi que vos cotisations à la CNSS sont réduites, ce qui impacte vos droits futurs (allocations chômage, prestations sociales).

Attention à la retraite : C’est le point noir majeur. Durant un contrat ANAPEC, vous ne cotisez généralement pas à la CIMR (Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite) ni à d’autres régimes de retraite complémentaire. Vous accumulez donc deux ans d’activité professionnelle sans constitution de droits à la retraite.

Ce n’est pas dramatique si vous êtes jeune et que vous enchaînez ensuite sur un CDI classique. Mais si vous multipliez les contrats précaires, cela peut devenir problématique à long terme. Vérifiez explicitement ce point avec votre employeur lors de la signature.

L’absence de garantie de CDI : Légalement, l’entreprise n’a aucune obligation de vous embaucher en CDI à l’issue des 24 mois. Certaines structures abusent du système en enchaînant les contrats ANAPEC sans jamais stabiliser leurs équipes.

Lors de l’entretien, posez la question directement : “Quelle est la politique de l’entreprise concernant la transformation en CDI ?” Une entreprise sérieuse vous donnera des exemples concrets de collaborateurs ayant été embauchés.

Des missions parfois sous-qualifiées : Certaines entreprises utilisent le dispositif ANAPEC pour des postes opérationnels basiques qui ne correspondent pas au niveau de qualification des diplômés. Vous risquez de vous retrouver sur-qualifié pour des tâches répétitives sans réelle montée en compétences.

Renseignez-vous sur le contenu exact du poste, les formations prévues et les perspectives d’évolution.

Comment vérifier le sérieux de l’offre ?

Demandez des détails sur la formation : L’un des objectifs du contrat ANAPEC est de former les jeunes. Une entreprise sérieuse doit prévoir un parcours d’intégration, un tuteur ou manager référent, et des formations techniques ou métier.

Si l’employeur vous dit “tu apprendras sur le tas” sans programme structuré, c’est un signal d’alerte.

Interrogez sur le taux de transformation : “Combien de vos collaborateurs en contrat ANAPEC ont été embauchés en CDI ces deux dernières années ?” Une entreprise transparente vous donnera un chiffre. Un silence gêné ou une réponse floue est révélateur.

Vérifiez la réputation de l’entreprise : Cherchez sur LinkedIn, Glassdoor Maroc ou les forums d’emploi. D’anciens employés partagent souvent leur expérience. Les groupes Facebook spécialisés dans l’emploi au Maroc sont également une mine d’informations.

Lisez le contrat en détail : Avant de signer, examinez les clauses relatives à la période d’essai, au préavis, aux avantages sociaux (mutuelle, tickets restaurant, transport), et aux conditions de rupture. N’hésitez pas à demander des clarifications écrites.

Les secteurs qui recrutent le plus en ANAPEC

L’offshoring et les centres d’appels : C’est le secteur qui utilise le plus massivement le dispositif. Vous y trouverez des postes en relation client, support technique, back-office. L’avantage : des volumes importants de recrutement. L’inconvénient : le turn-over est élevé et la transformation en CDI pas toujours garantie.

L’industrie (automobile, aéronautique, textile) : Les usines et sites de production recrutent des profils techniques via l’ANAPEC. Les conditions de travail sont souvent bonnes, et les perspectives de CDI intéressantes si vous faites vos preuves.

Les banques et assurances : Elles recrutent des conseillers clientèle, chargés de compte junior, assistants commerciaux. Le cadre est structuré, et les chances de CDI plutôt élevées dans les grandes enseignes.

Le digital et l’IT : Les développeurs, webmasters, community managers et data analysts débutants sont recherchés. Le secteur tech offre généralement de bonnes conditions et des évolutions rapides.

Après l’ANAPEC : construire la suite

Si votre contrat ANAPEC touche à sa fin sans proposition de CDI, ne paniquez pas. Vous avez désormais deux ans d’expérience, ce qui change radicalement votre profil sur le marché.

Mettez à jour votre CV en détaillant vos réalisations concrètes, les projets menés, les compétences acquises. Quantifiez vos résultats autant que possible.

Activez votre réseau LinkedIn. Informez vos contacts que vous êtes en recherche active. Les anciens collègues, managers ou clients peuvent devenir des prescripteurs précieux.

Ciblez des entreprises où votre expérience sectorielle est valorisée. Un ex-ANAPEC qui a travaillé deux ans dans l’automobile aura plus de facilité à rebondir dans le même secteur.

Envisagez les cabinets de recrutement. Avec de l’expérience, vous devenez intéressant pour les chasseurs de têtes qui alimentent les entreprises en profils intermédiaires.

Le contrat ANAPEC est-il un bon choix pour vous ?

Oui, si : Vous êtes jeune diplômé sans expérience et que l’entreprise est reconnue, qu’elle offre un cadre formateur et qu’elle a un historique de transformation en CDI. C’est alors un tremplin efficace.

À éviter si : L’entreprise a une réputation douteuse, le poste ne correspond pas à vos qualifications, ou si on vous propose un salaire dérisoire sous prétexte que “c’est juste un contrat ANAPEC”. Même en ANAPEC, vous méritez une rémunération décente et des conditions dignes.

Le contrat ANAPEC n’est ni une arnaque ni une solution miracle. C’est un outil, et comme tout outil, son efficacité dépend de la manière dont on l’utilise. Renseignez-vous, négociez, et gardez les yeux ouverts sur vos droits et votre avenir.

Adapter son CV pour Casablanca & Rabat

Votre CV est votre premier contact avec un recruteur marocain. Dans un marché où des centaines de candidatures arrivent pour chaque poste, un CV bien adapté fait toute la différence. Casablanca et Rabat, en tant que capitales économique et administrative, concentrent l’essentiel des opportunités professionnelles du pays. Comprendre leurs codes est essentiel.

Le format gagnant : sobre, structuré, une page

La règle d’or au Maroc : un CV d’une seule page en format PDF. Les recruteurs passent en moyenne 30 secondes sur chaque candidature. Votre CV doit être scannable rapidement, avec une hiérarchie visuelle claire.

Utilisez une police professionnelle comme Arial, Calibri ou Times New Roman en taille 10 à 12 points. Évitez les fantaisies graphiques excessives, sauf si vous postulez dans les métiers créatifs (design, communication, marketing). La sobriété inspire confiance.

Structure recommandée : Informations personnelles en haut, suivies de votre formation, puis votre expérience professionnelle (de la plus récente à la plus ancienne), vos compétences techniques, et enfin les langues et centres d’intérêt.

Les espaces blancs sont vos alliés. Un CV surchargé sera écarté immédiatement. Privilégiez les bullet points courts plutôt que de longs paragraphes.

La question de la photo : toujours d’actualité

Contrairement à certains pays occidentaux, la photo sur le CV reste très courante et acceptée au Maroc. Elle n’est pas obligatoire légalement, mais dans la pratique, plus de 80% des CV reçus en comportent une.

Choisissez une photo professionnelle : fond neutre, tenue formelle (costume-cravate pour les hommes, tailleur ou tenue sobre pour les femmes), sourire léger, regard face caméra. Évitez absolument les photos de vacances recadrées ou les selfies.

Si vous postulez dans une multinationale très internationale ou une startup tech, vous pouvez choisir de ne pas mettre de photo. Mais pour les entreprises marocaines traditionnelles et les postes en contact client, la photo est attendue.

Les langues : votre atout compétitif

Le trilinguisme est devenu la norme pour les profils qualifiés. Votre maîtrise des langues doit être indiquée avec précision et honnêteté.

Le Français reste la langue de travail dominante dans le privé, surtout à Casablanca. Indiquez votre niveau selon le CECRL (A1 à C2) ou avec des mentions claires : Bilingue, Courant, Professionnel, Intermédiaire. Si vous avez passé un test officiel (TCF, DELF, DALF), mentionnez le score.

L’Anglais prend de plus en plus d’importance, particulièrement dans l’IT, l’aéronautique, les centres d’appels internationaux et le tourisme. Les entreprises exportatrices et les multinationales exigent souvent un anglais professionnel. Ici aussi, précisez votre niveau. Un score TOEIC ou TOEFL est un vrai plus.

L’Arabe : Si c’est votre langue maternelle, indiquez “Arabe : Langue maternelle” ou “Arabe dialectal et standard : Courant”. Pour certains postes (banque, administration, commerce local), c’est un atout majeur. N’oubliez pas de préciser si vous maîtrisez l’arabe littéraire, utile dans la communication institutionnelle.

Si vous parlez espagnol (fréquent dans le Nord) ou d’autres langues, ajoutez-les. Chaque langue supplémentaire élargit votre employabilité.

Les diplômes : le prestige de l’école compte

Au Maroc, le “branding” de votre école influence fortement la perception des recruteurs. Le système éducatif marocain est hiérarchisé, et certaines institutions ouvrent plus facilement les portes.

Les grandes écoles d’ingénieurs comme l’EMI (École Mohammadia d’Ingénieurs), l’ENSEM (École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique), l’INSEA ou l’INPT bénéficient d’une excellente réputation. Mettez leur nom en évidence.

Les écoles de commerce telles que l’ISCAE, HEM, ou l’ENCG sont très reconnues dans les métiers du management, de la finance et du marketing.

Les diplômes étrangers sont également valorisés, particulièrement des universités françaises, canadiennes ou américaines. Si vous avez étudié à l’étranger, mentionnez clairement le pays et l’équivalence si elle existe.

Pour chaque diplôme, indiquez : le nom exact du diplôme, l’établissement, la ville, l’année d’obtention, et éventuellement la mention ou spécialisation. Si vous avez suivi une formation continue reconnue (certifications professionnelles, MBA), ajoutez-la dans une section dédiée.

Les sections complémentaires qui font mouche

Expérience professionnelle : Utilisez des verbes d’action et quantifiez vos réalisations. Au lieu de “Responsable de projet”, écrivez “Piloté 3 projets industriels avec un budget de 2M DH, livraison en temps et en heure”. Les chiffres parlent.

Compétences techniques : Pour les profils IT, ingénieurs ou techniques, listez vos compétences concrètes (langages de programmation, logiciels maîtrisés, certifications). Les recruteurs font souvent des recherches par mots-clés.

Centres d’intérêt : Cette section est lue plus qu’on ne le croit. Elle humanise votre profil. Privilégiez des activités qui montrent des qualités professionnelles : sport d’équipe (esprit collectif), marathon (persévérance), bénévolat (engagement), lecture (curiosité intellectuelle).

Les erreurs à éviter absolument

Ne mentez jamais sur vos diplômes ou compétences. Le Maroc est un petit monde professionnel, et les vérifications se font rapidement.

Évitez les fautes d’orthographe et de grammaire. Un CV avec des fautes sera éliminé d’office, particulièrement pour les postes exigeant la maîtrise du français.

N’indiquez pas votre situation matrimoniale, le nombre d’enfants ou votre religion. Ces informations n’ont pas leur place sur un CV moderne, même si certains candidats continuent de les mentionner.

Ne surchargez pas avec des détails inutiles. Votre recruteur veut comprendre en 30 secondes qui vous êtes et ce que vous apportez.

L’adaptation selon la ville

Casablanca, capitale économique, favorise les profils commerciaux, financiers et internationaux. Les entreprises y sont plus grandes, plus formelles. Votre CV doit respirer le professionnalisme.

Rabat, capitale administrative et politique, abrite de nombreuses institutions publiques, ONG internationales et sièges sociaux. Les profils juridiques, en relations publiques et en administration y sont recherchés. Un CV sobre avec une expérience institutionnelle sera bien reçu.

Dans les deux villes, la maîtrise du français est quasi obligatoire. À Casablanca, l’anglais devient de plus en plus nécessaire. À Rabat, la connaissance des procédures administratives marocaines est un atout.

Maîtriser le Recrutement au Maroc

Le marché de l’emploi marocain connaît une transformation profonde. Entre l’essor de l’intelligence artificielle, le boom de l’offshoring et les grands chantiers de la Vision 2030, les règles du jeu ont changé. Recruter et être recruté ne se fait plus comme il y a cinq ans.

L’état des lieux du marché marocain

Le Maroc s’impose comme un hub attractif pour les investisseurs internationaux. Plusieurs secteurs tirent la croissance de l’emploi :

L’Automobile : Avec Renault à Tanger et PSA à Kénitra, le Royaume est devenu le premier exportateur automobile d’Afrique. Les profils recherchés vont des ingénieurs en production aux techniciens spécialisés en logistique.

L’Aéronautique : Bombardier, Boeing et des dizaines d’équipementiers ont installé leurs usines au Maroc. Les besoins sont massifs en ingénieurs, techniciens et gestionnaires de production.

L’IT et l’Offshoring : Casablanca et Rabat accueillent des centres de services partagés de multinationales. Les développeurs, data analysts, et experts en cybersécurité sont particulièrement recherchés.

Le Tourisme : Malgré les fluctuations, ce secteur reste un employeur majeur, notamment dans les villes impériales et les stations balnéaires.

Une culture d’entreprise en mutation

Le monde professionnel marocain mélange tradition et modernité. Dans les grandes entreprises et multinationales, le formalisme reste important : tenue vestimentaire soignée, respect de la hiérarchie, ponctualité. Mais les startups et les entreprises du digital adoptent des codes plus flexibles inspirés des modèles anglo-saxons.

Le réseau (ou “piston”) joue encore un rôle significatif, mais les compétences techniques et l’expérience internationale sont de plus en plus valorisées. Les recruteurs marocains apprécient les candidats qui savent naviguer entre plusieurs cultures professionnelles.

Le parcours candidat type

Votre recherche d’emploi au Maroc suivra généralement ces étapes :

Inscription sur les plateformes : Jobaumaroc, Rekrute, EmploiMa sont les incontournables. LinkedIn gagne du terrain pour les profils cadres et internationaux.

Candidature : Envoi du CV et lettre de motivation, souvent par email direct ou via les portails. La réactivité compte : les recruteurs apprécient les relances polies et professionnelles.

Premier contact : Généralement un appel téléphonique de pré-qualification. Soyez prêt à parler de vos prétentions salariales dès ce stade.

Entretiens : Entre un et trois entretiens selon le poste. Pour les grandes entreprises, attendez-vous à des tests techniques, d’aptitude ou de personnalité.

Négociation et offre : La discussion salariale est directe au Maroc. On négocie en net mensuel, et les avantages (transport, mutuelle, tickets restaurant) font partie de la négociation.

Signature : Le contrat peut être un CDI, CDD, ou contrat ANAPEC pour les jeunes diplômés. Lisez attentivement avant de signer, notamment les clauses de période d’essai et de préavis.

Les ressources à votre disposition

Ce hub vous guidera à travers quatre dimensions essentielles :

Chaque article vous donnera des conseils pratiques, des exemples concrets et des astuces terrain pour maximiser vos chances. Le marché marocain offre de belles opportunités à ceux qui savent s’y préparer.

5 Mensonges Que Les Recruteurs Marocains Vous Racontent

OK, respirez un coup. Ce que je vais vous dire ne va pas vous plaire. Vous savez ces recruteurs super sympas qui vous promettent monts et merveilles pendant l’entretien ? Eh bien… ils ne vous disent pas toute la vérité. Parfois, ils mentent carrément.

Attendez, avant que vous pensiez que je crache dans la soupe (j’ai bossé dans les RH, je sais de quoi je parle), laissez-moi vous expliquer quelque chose d’important : la plupart des recruteurs ne mentent pas par méchanceté. Ils mentent parce qu’ils doivent recruter. Point.

C’est leur job. Leur mission. Leur KPI. Alors parfois, ils embellissent la réalité. Ils arrangent les faits. Ils vous vendent du rêve.

Et vous ? Vous gobez tout. Vous signez. Et trois mois plus tard, vous vous rendez compte que la belle opportunité qu’on vous avait vendue, c’était du vent. Ça vous est déjà arrivé ? Bienvenue au club.

Aujourd’hui, je vais vous révéler les 5 mensonges les plus fréquents que les recruteurs marocains racontent en entretien. Et surtout, je vais vous donner les vraies questions à poser pour démasquer ces bobards.

Prêt à voir la vérité en face ? Allez, on y va.

Mensonge #1 : “Nous Revenons Vers Tous Les Candidats”

Le Mensonge

“Merci pour votre temps aujourd’hui. On vous rappelle la semaine prochaine, dans tous les cas, même si c’est négatif.”

Combien de fois vous avez entendu ça ? Et combien de fois ils vous ont vraiment rappelé ?

Exactement. JAMAIS.

La Vérité Brutale

Voici la réalité : 90% des recruteurs ne rappellent jamais les candidats rejetés.

Pourquoi ? Parce qu’ils sont débordés. Parce qu’ils ont 50 autres postes à gérer. Parce que dire “non” à quelqu’un, c’est chiant et inconfortable.

Alors ils disparaissent. Poof. Ghost total.

Vous attendez une réponse pendant des semaines. Vous vérifiez votre téléphone 10 fois par jour. Vous hésitez à relancer. Et finalement… le silence radio.

D’après les statistiques, seulement 37% des candidats reçoivent une réponse après un entretien. Les 63% restants ? Dans le vide total.

Comment Démasquer Ce Mensonge

Question à poser en fin d’entretien : “Dans combien de temps exactement recevrai-je une réponse ? Et si je n’ai pas de nouvelles à cette date, puis-je vous relancer par email ?”

Notez bien leur réponse. Mettez une alarme sur votre téléphone. Et quand le délai est passé, relancez sans culpabiliser.

Email de relance efficace (à envoyer H+24 après le délai annoncé) :

Objet : Suite à notre entretien du [date] – Relance

Bonjour [Nom du recruteur],

Suite à notre échange du [date] concernant le poste de [intitulé], vous m’aviez indiqué un retour sous [X jours].

N’ayant pas reçu de nouvelles, je me permets de revenir vers vous pour connaître l’avancement de ma candidature.

Je reste disponible pour tout complément d’information.

Cordialement, [Votre nom]

Simple. Direct. Professionnel. Et ça marche.

Le hack ultime : Demandez l’email ou le numéro WhatsApp du recruteur. Les gens répondent beaucoup plus vite sur WhatsApp que par email professionnel.

Mensonge #2 : “Le Salaire N’Est Pas Négociable”

Le Mensonge

“Écoutez, c’est la grille salariale de l’entreprise. On ne peut rien faire. C’est 8 000 dirhams, point final.”

Ah bon ? Vraiment ? VRAIMENT ?

La Vérité Qui Dérange

Spoiler alert : TOUT est négociable. Absolument TOUT.

Le salaire, les primes, les avantages, les jours de télétravail, la voiture de fonction, les formations… tout ça peut se discuter.

Quand un recruteur vous dit que “ce n’est pas négociable”, voici ce qu’il veut vraiment dire :

  • “Je n’ai pas envie de négocier”
  • “J’espère que tu vas accepter comme ça, ça m’arrange”
  • “Mon budget est serré, mais si tu insistes, je peux peut-être trouver 1000-2000 DH de plus”

En réalité, les recruteurs ont TOUJOURS une marge de manœuvre. Toujours. Même quand ils disent le contraire.

D’ailleurs, selon une étude, gonfler légèrement son salaire actuel est presque devenu un passage obligé dans la négociation. Pourquoi ? Parce que si vous ne le faites pas, on vous proposera le même salaire avec juste la promesse que “ça sera mieux chez nous”.

Comment Négocier Comme Un Pro

Stratégie en 3 étapes :

1. Ne donnez JAMAIS votre salaire actuel en premier

Quand le recruteur demande : “Quel est votre salaire actuel ?”

Répondez : “J’aimerais d’abord comprendre les responsabilités du poste et ce que vous offrez. Quelle est la fourchette prévue pour ce poste ?”

Celui qui donne un chiffre en premier perd la négociation. Point.

2. Donnez une fourchette (pas un chiffre fixe)

Au lieu de dire “je veux 15 000 DH”, dites : “Compte tenu de mes compétences et du marché, je vise une rémunération entre 14 000 et 16 000 DH.”

La fourchette vous laisse une marge de négociation. Le recruteur visera probablement le milieu : 15 000 DH.

3. Si le recruteur reste ferme, négociez autre chose

“Je comprends que le salaire fixe ne soit pas flexible. Peut-on discuter d’une prime de performance ? D’une révision salariale après 6 mois ? De jours de télétravail supplémentaires ?”

Souvent, ce qui est “impossible” sur le fixe devient possible sur le variable ou les avantages.

La Phrase Magique

“Je suis vraiment intéressé par le poste, mais l’écart salarial avec mes attentes me pose problème. Comment peut-on trouver un terrain d’entente ?”

Boom. Vous venez de rouvrir la négociation.

Mensonge #3 : “Notre Culture d’Entreprise Est Familiale et Bienveillante”

Le Mensonge

“Ici, on est comme une grande famille. L’ambiance est super. On organise des team buildings, on fête les anniversaires, c’est vraiment cool.”

Ah oui ? Une famille ? Sérieux ?

La Vérité Cachée

Une “culture familiale”, ça veut souvent dire :

  • Tout le monde se mêle de tout
  • Les limites pro/perso n’existent pas
  • On attend de vous que vous soyez disponible H24 (“c’est pour la famille, quand même!”)
  • Les conflits ne se règlent jamais (comme en famille…)
  • Vous allez recevoir des appels le dimanche

Et “bienveillante” ? Traduisez : “on ne vous criera pas dessus en public, mais on attend de vous que vous donniez 200% sans broncher.”

La réalité, c’est que 63% des travailleurs marocains n’ont aucune idée du salaire de leurs collègues. Ça vous semble “familial” et “transparent” ça ?

Et les jolies valeurs affichées sur le site web ? Personne ne les applique vraiment. C’est du marketing.

Comment Voir La Vraie Culture

Les vraies questions à poser :

“Pouvez-vous me donner un exemple concret d’une situation récente où vous avez appliqué vos valeurs d’entreprise ?”

Si le recruteur bafouille ou reste vague, vous avez votre réponse. Les belles valeurs sont du vent.

“Comment gérez-vous les conflits au sein des équipes ?”

Leur réponse vous dira TOUT sur la vraie culture. Si c’est “on n’a jamais de conflits”, fuyez. Les conflits existent partout. La question est comment on les gère.

“Quel est le taux de turnover dans l’entreprise ?”

Si les gens partent en masse, c’est qu’il y a un problème. Point final.

La technique ninja :

Allez sur LinkedIn. Cherchez d’anciens employés de l’entreprise. Contactez-les en privé et posez-leur franchement :

“Bonjour, je candidate chez [Entreprise X]. Vous y avez travaillé, comment était l’ambiance vraiment ? Vous me recommandez d’y aller ?”

Les gens sont beaucoup plus honnêtes quand ils ne bossent plus là-bas.

Red Flags À Repérer

🚩 Le recruteur parle sans arrêt des valeurs mais ne donne AUCUN exemple concret

🚩 “On attend de vous une grande flexibilité” = vous allez bosser le soir et le weekend

🚩 “On recrute quelqu’un qui peut porter plusieurs casquettes” = vous ferez le boulot de 3 personnes

🚩 “Nous recherchons des personnes passionnées” = on va vous exploiter au nom de la passion

Mensonge #4 : “Vous Allez Évoluer Rapidement”

Le Mensonge

“Dans notre entreprise, on fait évoluer les talents rapidement. Si vous êtes performant, vous pouvez devenir manager en 2 ans.”

Waouh, ça fait rêver non ? Manager en 2 ans ! Directeur en 5 ans ! PDG en 10 ans !

Stop. Réveillez-vous.

La Réalité Du Terrain

Voici ce qui va vraiment se passer :

An 1 : “Tu es nouveau, tu dois d’abord faire tes preuves.”

An 2 : “Tu es performant, continue comme ça. Mais il n’y a pas de poste ouvert pour l’instant.”

An 3 : “On te promet une promotion l’année prochaine. Patience.”

An 4 : Vous êtes toujours au même poste. Avec le même salaire. Ou presque.

Et pendant ce temps, ils recrutent un manager externe pour le poste qu’on vous avait promis.

Résultat ? Vous êtes frustré. Démotivé. Et vous commencez à chercher ailleurs.

La vérité, c’est que dans beaucoup d’entreprises marocaines, l’évolution se fait par l’ancienneté, pas par la performance. Peu importe que vous soyez bon, si vous avez 25 ans et que le poste de chef d’équipe est occupé par quelqu’un qui a 45 ans et 15 ans d’ancienneté, vous attendrez. Longtemps.

Comment Vérifier Cette Promesse

Questions précises à poser :

“Pouvez-vous me montrer le parcours d’évolution typique pour ce poste ? Avec des exemples concrets de personnes qui ont évolué ?”

Si le recruteur reste vague, c’est mort. Les vraies opportunités d’évolution s’appuient sur des exemples réels.

“Quelle est la moyenne d’âge des managers dans l’entreprise ? Et combien de temps ont-ils mis pour accéder à ce poste ?”

Ça vous dira la vraité sur la mobilité interne.

“Y a-t-il un plan de développement de carrière formalisé ? Avec des objectifs clairs ?”

Si la réponse est “on verra en fonction de tes performances”… vous ne verrez rien du tout. Les vraies entreprises qui font évoluer leurs employés ont des process clairs.

Le Hack

Demandez à rencontrer votre futur manager lors du 2ème entretien. Posez-lui la question directement :

“Combien de personnes de votre équipe ont été promues ces 2 dernières années ?”

Sa réponse vous dira tout.

Si c’est zéro, vous savez à quoi vous attendre.

Mensonge #5 : “Nous Cherchons Quelqu’un de Junior”

Le Mensonge

L’offre dit : “Cherche Junior / Débutant accepté / Formation assurée”

L’entretien dit : “Vous avez combien d’années d’expérience ? Ah seulement 1 an ? On cherche quelqu’un avec au moins 3 ans d’expérience dans ce domaine précis.”

QUOI ?!

L’Arnaque Du “Junior”

Voici le jeu que jouent certains recruteurs :

  1. Ils publient une offre “junior” pour payer un salaire junior
  2. Mais ils veulent quelqu’un avec 3-5 ans d’expérience
  3. Résultat : ils ont un profil expérimenté au prix d’un débutant

C’est de l’arnaque pure et simple.

Ils veulent quelqu’un qui connaît déjà le métier, qui n’a pas besoin de formation, qui est opérationnel du jour 1… mais ils ne veulent pas payer le vrai prix.

Et si vous osez dire “mais l’offre disait junior”… le recruteur vous répond : “Oui mais on cherche un junior qui a de l’expérience.”

Un junior avec de l’expérience. Laissez-moi rire.

La Vraie Raison

Les entreprises veulent économiser de l’argent. C’est aussi simple que ça.

Former quelqu’un coûte cher. Prendre le risque d’un vrai débutant, c’est risqué. Alors ils préfèrent recruter quelqu’un d’expérimenté en le sous-payant.

Et ça marche. Parce que le marché de l’emploi marocain est tendu. Les gens acceptent par désespoir.

Comment Ne Pas Tomber Dans Le Piège

Dès l’offre d’emploi, vérifiez :

  • Le salaire proposé (si c’est indiqué)
  • Les “requis” vs les “souhaités”
  • La liste des responsabilités (si c’est 15 missions différentes, ce n’est PAS un poste junior)

En entretien, clarifiez immédiatement :

“Vous mentionnez dans l’offre que le poste est ouvert aux juniors. Pouvez-vous préciser le niveau d’expérience réellement attendu ?”

Force-les à être honnêtes dès le début. Ça vous évitera de perdre votre temps.

Si vous êtes vraiment junior :

“Je n’ai qu’un an d’expérience, mais je suis motivé et j’apprends vite. Est-ce que ça correspond à ce que vous cherchez vraiment ?”

Leur réaction vous dira tout.

Le Red Flag Ultime

Si l’offre demande :

  • 0-2 ans d’expérience
  • Maîtrise de 5 logiciels différents
  • 3 langues couramment
  • Disponibilité immédiate
  • Salaire “selon profil” (traduisez : on va vous sous-payer)

Fuyez. C’est une arnaque.

Les 3 Mensonges Bonus (Parce Que C’est Cadeau)

Tant qu’on y est, voici 3 autres bobards classiques :

“L’Entretien Est Une Simple Formalité”

Traduction : “On a déjà choisi quelqu’un en interne, mais la loi nous oblige à publier l’offre. Désolé, vous avez perdu votre temps.”

“On Vous Formera Sur Le Tas”

Traduction : “Personne n’a le temps de te former. Tu vas galérer pendant 6 mois à tout apprendre seul.”

“Nous Valorisons L’Équilibre Vie Pro/Vie Perso”

Traduction : “Tu peux partir à 18h… mais ton manager te regardera de travers. Et tu recevras des messages WhatsApp jusqu’à 22h.”

Alors, Tous Les Recruteurs Sont Des Menteurs ?

Non. Pas tous.

Il existe de très bons recruteurs honnêtes et transparents au Maroc. J’en connais. Ils existent.

Mais voilà la réalité : la pression sur les recruteurs est énorme. Ils doivent remplir des postes vite, avec des budgets serrés, dans un marché ultra-compétitif.

Alors parfois, ils arrangent la vérité. Ils embellissent. Ils promettent.

Ce n’est pas personnel. C’est du business.

Et votre job à vous, candidat, c’est de ne pas être naïf. C’est de poser les bonnes questions. C’est de vérifier les promesses.

Parce qu’au final, c’est VOTRE carrière qui est en jeu. Pas la leur.

Comment Se Protéger : Le Plan d’Action

Voici concrètement ce que vous devez faire lors de votre prochain entretien :

✅ AVANT l’entretien :

  1. Recherchez l’entreprise sur Google, LinkedIn, Glassdoor
  2. Contactez d’anciens employés en privé
  3. Préparez une liste de 10 questions précises
  4. Notez les red flags de l’offre d’emploi

✅ PENDANT l’entretien :

  1. Notez TOUT ce que le recruteur promet (sur papier ou téléphone)
  2. Demandez des exemples concrets pour chaque promesse
  3. Clarifiez le salaire, les avantages, les conditions réelles
  4. Observez l’ambiance, les bureaux, les gens
  5. Demandez à rencontrer votre futur manager

✅ APRÈS l’entretien :

  1. Envoyez un email récapitulant ce qui a été dit
  2. Vérifiez les promesses faites auprès d’employés actuels
  3. Négociez tout ce qui peut l’être
  4. Obtenez TOUT par écrit avant de signer

✅ Si quelque chose sonne faux :

Faites confiance à votre instinct. Sérieusement.

Votre intuition a raison 90% du temps. Si quelque chose vous paraît louche, c’est probablement louche.

La Question Que Vous Devez Vous Poser

“Est-ce que je prendrai cette décision si j’avais 10 autres offres sur la table ?”

Si la réponse est non, alors n’acceptez pas.

Ne prenez pas un job par désespoir. Ne signez pas parce que “c’est mieux que rien”. Ne vous laissez pas berner par de belles promesses en l’air.

Vous méritez mieux que ça.

Conclusion : Devenez Un Candidat Qu’On Ne Peut Pas Berner

Voilà. Maintenant vous savez.

Les 5 mensonges classiques des recruteurs marocains. Et comment les démasquer. Est-ce que ça veut dire que vous devez être méfiant et cynique à chaque entretien ? Non. Mais ça veut dire que vous devez être lucide, préparé et stratégique.

Posez les bonnes questions. Vérifiez les promesses. Exigez des preuves concrètes. Et surtout, n’ayez pas peur de dire non à une offre qui ne vous convient pas. Parce qu’au final, un entretien d’embauche, ce n’est pas une épreuve où vous devez supplier qu’on vous accepte.

C’est une négociation entre deux parties égales.

Vous avez des compétences à offrir. Ils ont un besoin. Et vous devez tous les deux trouver un accord qui convient aux DEUX parties. Pas juste à eux. À VOUS aussi.

Alors la prochaine fois qu’un recruteur vous fait une promesse qui semble trop belle pour être vraie… souriez poliment. Et posez les questions qui tuent. Parce que vous n’êtes plus un candidat naïf qui gobe tout. Vous êtes un professionnel averti qui connaît les règles du jeu.

Game on.